Le jour où je me suis choisie,
j’ai semé au vent les croyances fanées,
laissé choir les vérités d’emprunt, comme feuilles mortes.
Je me suis lovée dans l’âtre de mon essence,
sourde aux voix qui trônent et décrètent,
aux mages couronnés d’or
qui monnayent l’invisible aux âmes assoiffées.
Seule, face à l’horizon de mon souffle,
j’ai lavé mon esprit des dogmes envahisseurs —
ces lianes qui étranglent la pousse sauvage
pour engraisser leurs jardins clos.
Méditer au premier rayon qui fend la nuit,
méditer quand la lune gravit son escalier d’argent.
Mon âme boit la connaissance pure,
non les rites cousus d’aiguilles étrangères.
Voilà mon trésor.
Si l’univers a glissé un éclat de vérité dans ton oreille
et que tu l’as forgé en loi d’airain,
couronné de millions,
alors le feu sacré s’est voilé de fumée,
servant ta couronne
plutôt que l’aube commune.